Histoire de la dévotion au Sacré-Coeur de Jésus (1)


       En ce début du mois de juin qui est consacré au Sacré-Cœur de Jésus, nous vous invitons à découvrir ou redécouvrir l'histoire de cette dévotion, en parcourant son évolution au cours des siècles.


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« Venus à Jésus, quand ils virent qu'Il était déjà mort, ils ne Lui brisèrent pas les jambes, mais l'un des soldats, de sa lance, Lui perça le côté, et il sortit aussitôt du sang et de l'eau. » (Jn 19,33-34)

 

C'est ce témoignage de l'évangéliste saint Jean qui est à l'origine de la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.

 

Dès le début, l'Église a contemplé le côté ouvert de Jésus. 

Les Pères de l'Église ont beaucoup médité sur cette plaie de Jésus.

Ils ont vu dans le côté transpercé la naissance de l'Église, qui donne accès à la Rédemption. 

Saint Cyprien, évêque de Carthage au III° siècle, explique que du côté du Christ "l’Église est sortie, toute rayonnante de beauté ".

Saint Augustin écrira plus tard : Jésus ouvrit son côté pour nous apprendre qu'Il ouvrait ainsi la porte de la Vie d'où sont sortis les sacrements de sans lesquels personne ne peut entrer dans la véritable Vie."


Dans la blessure du côté de Jésus, les Pères de l'Église voient une preuve de son immense amour : 

"Ô chrétiens, s’écrie saint Cyprien, voyez donc la profondeur de cette plaie, et, par cela même, l'étendue de l'amour du Christ !"

 

Au III° siècle, Origène parle du Cœur de Jésus (et non plus seulement du côté) et, à travers la méditation du Cantique des cantiques, il évoque l’amour qui lui est dû : 

Tu as blessé mon Cœur, ma sœur, ma fiancée. tu as blessé mon Cœur, d’un seul de tes regards. (Cant 4, 9)

Pose-moi comme un sceau sur ton cœur/.../ Car l’amour est fort comme la Mort. (Cant 8,6)

 

 

Progressivement, au fil des siècles, on passe ainsi de la plaie du côté à la plaie du Cœur.

De très nombreux saints - probablement tous ! - ont médité et prié devant le Cœur transpercé du Christ.

Comment ne pas parler de saint François d'Assise, au XIII° siècle, qui avait entendu l’appel de l’Évangile à n’avoir pour seule richesse que l’amour du Christ ?

"L’Amour de Dieu seul suffit. Mais l’Amour n’est pas aimé ! "

Et, tellement uni à Dieu, il sera marqué jusqu’en son corps par les plaies de l’Amour.

 

Sainte Claire, elle, honorait tous les jours le Cœur de Jésus ; elle avait composé cette prière :

" Ô très aimable Jésus, par la très sainte plaie de votre côté, par l'infinie miséricorde que vous avez montrée en voulant que votre Cœur nous fût ouvert à tous, daignez me délivrer de tous les maux passés, présents et à venir."

 

Dans la Vigne Mystique, saint Bonaventure écrit :

Ton côté a été percé : /.../ pour que, par cette blessure visible, nous voyions la blessure invisible de ton amour. Qui aime ardemment est blessé d'amour : comment mieux montrer cette ardeur qu'en laissant la lance blesser, non seulement le corps, mais aussi le Cœur lui-même ? La blessure charnelle rappelle la blessure spirituelle… 

Qui n'aimerait ce Cœur déchiré d'une telle blessure ? Qui n'aimerait ce Cœur si aimant ? Qui n'embrasserait ce Cœur si pur ? Nous donc, qui vivons encore dans la chair, répondons autant que nous le pouvons à l'amour de celui qui nous a aimés, embrassons-le, lui qui fut blessé pour nous, lui dont les mains et les pieds, le côté et le Cœur furent percés pour nous.

 

Au XIV° siècle, sainte Catherine de Sienne, dans un de ces dialogues mystiques qu'elle entretenait avec le Seigneur, Lui demanda pourquoi Il avait voulu avoir le Cœur ouvert puisqu’Il était déjà mort. Jésus lui répondit :

 

"Mon amour pour les hommes est infini alors que les tourments et les souffrances de la Croix étaient finis (limités). /.../

C’est pourquoi j’ai voulu que vous voyiez le secret de mon Cœur, en vous le montrant ouvert afin que vous voyiez que je vous aimais plus que ne pouvait le montrer une douleur "finie.""

 

 La dévotion au Cœur de Jésus se développe davantage au XVI° siècle, et surtout au XVII° siècle.

 

Au XVI° siècle, de nombreux saints, parmi lesquels saint Ignace de Loyola, sainte Thérèse d'Avila et saint Pierre Canisius, ont beaucoup contribué au développement de la dévotion au de CœuJésus.

 

Au XVII° siècle, en France, Saint François de Sales et Sainte Jeanne de Chantal fondèrent l’ordre de la Visitation, avec pour blason un Cœur percé de deux flèches, cerclé d’épines et surmonté d’une croix : 

"Il nous faut prendre pour armes un unique cœur percé de deux flèches, enfermé dans une couronne d'épines... /.../

Vraiment notre petite congrégation est un ouvrage du Cœur de Jésus et de Marie. Le Sauveur mourant nous a enfantés par l'ouverture de son sacré Cœur."

 

Saint Jean Eudes composa la Messe et l'Office en l'honneur du Cœur de Jésus, dont la fête solennelle fut célébrée pour la première fois le 20 octobre 1672, avec l'approbation de nombreux évêques de France.

Le pape saint Pie X le proclamera en 1909 père, apôtre et docteur du culte liturgique des Saints Cœurs de Jésus et de Marie.

 

 

Mais c’est surtout grâce aux apparitions de Paray-le-Monial que le culte au Cœur du Christ devait prendre une extension mondiale.

Nous en parlerons dans un prochain article !

 


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